Tableau 57 : les troubles musculosquelettiques reconnus en maladie professionnelle
Sommaire
Le tableau 57 du régime général dresse la liste des « affections périarticulaires provoquées par certains gestes et postures de travail » : tendinites, hygromas et compressions de nerfs de l’épaule, du coude, du poignet et de la main, du genou, de la cheville et du pied. Une maladie qui y figure, constatée dans le délai prévu après des travaux de la liste, est présumée d’origine professionnelle ; si une condition manque, un comité régional se prononce. Depuis le 30 septembre 2026, le tableau n’impose plus d’examen d’imagerie précis. Reconnue, la maladie est indemnisée selon des règles qui changent au 1er novembre 2026 et, à partir de 10 % d’incapacité, ouvre un abondement de 7 500 euros du compte personnel de formation.
Bras levés, poignets serrés, genoux en charge
Prenons une monteuse qui visse sous des caisses de voiture suspendues, les bras décollés du corps une partie de la journée. Un opérateur qui pince, tourne et serre des pièces sur un poste fixe. Un livreur qui monte les étages, un colis dans les bras. Répétés toute la journée, ou tenus pendant des heures, ces gestes sollicitent toujours les mêmes tendons et les mêmes nerfs.
Ces atteintes portent un nom, les troubles musculosquelettiques, ou TMS. L’INRS les décrit comme des maladies en rapport avec les gestes et postures du travail, qui affectent les tissus mous (muscles, tendons, gaines synoviales, bourses séreuses, nerfs) et dont la douleur est l’expression la plus manifeste. Le tableau 57 n’en couvre qu’une partie, qui pèse lourd : il représente entre 80 et 85 % des maladies professionnelles reconnues au régime général, et 37 580 maladies y ont été reconnues et indemnisées en 2021, dernière année publiée dans sa fiche.
Créé par un décret du 2 novembre 1972, le tableau a été réécrit partie par partie : l’épaule en 2011, le coude en 2012, le genou et la cheville en 2017.
Comment se lit une ligne du tableau
Une ligne du tableau associe une maladie, un délai et une liste de travaux. Le délai de prise en charge est, selon l’INRS, le délai entre la fin d’exposition et la constatation médicale des premiers symptômes ; pour trois lignes s’y ajoute une durée minimale d’exposition. La « liste limitative des travaux susceptibles de provoquer ces maladies », selon l’intitulé de la colonne, impose que le travail effectué corresponde à l’un de ceux qu’elle décrit.
Ces travaux sont décrits par des gestes, jamais par des métiers. Seule l’épaule est chiffrée en angles et en heures : ses trois lignes visent l’épaule « sans soutien », décollée du corps à 60° ou à 90°, pendant une durée quotidienne comptée « en cumulé », donc additionnée sur la journée. Ailleurs, le tableau ne fixe ni durée quotidienne ni cadence : il exige des travaux accomplis « habituellement ».
Quand tout concorde, l’article L. 461-1 du Code de la sécurité sociale joue en faveur du salarié : est présumée d’origine professionnelle toute maladie désignée dans un tableau et contractée dans les conditions de ce tableau. Cette présomption dispense de démontrer le lien entre le poste et la maladie.
De l’épaule à la cheville : les parties A à E
Le tableau ci-dessous reprend la version en vigueur depuis le 30 septembre 2026, ligne par ligne. Les travaux sont résumés ; le texte officiel en donne la formulation exacte.
| Partie | Maladie | Délai de prise en charge | Exposition minimale | Travaux de la liste (résumé) |
|---|---|---|---|---|
| A. Épaule | Tendinopathie aiguë non rompue non calcifiante de la coiffe des rotateurs | 30 jours | Aucune | Épaule sans soutien décollée à 60° ou plus, au moins 3 h 30 par jour en cumulé |
| A. Épaule | Tendinopathie chronique non rompue non calcifiante de la coiffe | 6 mois | 6 mois | 60° ou plus au moins 2 heures par jour, ou 90° ou plus au moins 1 heure par jour, en cumulé |
| A. Épaule | Rupture partielle ou transfixiante de la coiffe | 1 an | 1 an | Mêmes seuils que la forme chronique |
| B. Coude | Tendinopathie d’insertion des muscles épicondyliens | 14 jours | Aucune | Mouvements répétés de préhension ou d’extension de la main, ou de pronosupination (rotation de l’avant-bras) |
| B. Coude | Tendinopathie d’insertion des muscles épitrochléens | 14 jours | Aucune | Mouvements répétés d’adduction ou de flexion et pronation de la main et du poignet, ou de pronosupination |
| B. Coude | Hygroma du coude | 7 jours (forme aiguë), 90 jours (forme chronique) | Aucune | Appui prolongé sur la face postérieure du coude |
| B. Coude | Syndrome canalaire du nerf ulnaire au coude | 90 jours | 90 jours | Flexion forcée répétée ou maintenue ; appui prolongé sur l’arrière du coude |
| C. Poignet, main, doigt | Tendinite ; ténosynovite | 7 jours | Aucune | Mouvements répétés ou prolongés des tendons fléchisseurs ou extenseurs de la main et des doigts |
| C. Poignet, main, doigt | Syndrome du canal carpien ; syndrome de la loge de Guyon | 30 jours | Aucune | Extension du poignet ou préhension, répétées ou prolongées ; appui carpien ; pression prolongée ou répétée sur le talon de la main |
| D. Genou | Compression du nerf sciatique poplité externe | 90 jours | Aucune | Position prolongée en flexion forcée du genou, assis sur les talons ou accroupi |
| D. Genou | Hygroma du genou | 7 jours (forme aiguë), 90 jours (forme chronique) | Aucune | Appui prolongé sur le genou |
| D. Genou | Tendinopathie sous-quadricipitale ou quadricipitale | 14 jours | Aucune | Efforts en charge avec contractions répétées du quadriceps en montant ou descendant escalier, escabeau ou échelle |
| D. Genou | Tendinopathie de la patte d’oie | 14 jours | Aucune | Mouvements répétés et rapides du genou en flexion contre résistance |
| D. Genou | Syndrome de la bandelette ilio-tibiale | 14 jours | Aucune | Mouvements rapides du genou en flexion et extension lors des déplacements |
| E. Cheville, pied | Tendinopathie d’Achille | 14 jours | Aucune | Efforts en station prolongée sur la pointe des pieds |
En clair, une tendinopathie est une souffrance du tendon d’un muscle due à un phénomène dégénératif ; la coiffe des rotateurs réunit quatre tendons qui maintiennent la tête de l’humérus centrée dans l’épaule. L’abduction, précise le tableau, désigne les mouvements qui décollent les bras du corps. Un hygroma est un épanchement dans une bourse séreuse, petite poche de glissement placée sous une zone d’appui. Le canal carpien et la loge de Guyon sont deux passages du poignet où un nerf peut être comprimé : le nerf médian pour le premier, le nerf cubital pour le second.
Depuis le 30 septembre 2026, le tableau ne désigne plus d’examen
Jusqu’en septembre 2026, plusieurs lignes exigeaient un examen nommé : une tendinopathie chronique de l’épaule devait être « objectivée par IRM », une tendinopathie du genou « par échographie », une compression nerveuse par électroneuromyographie, l’examen qui mesure la conduction des nerfs. Le décret n° 2026-901 du 24 septembre 2026 a supprimé ces mentions du tableau 57.
La règle générale vient du décret n° 2026-900 du même jour : les examens complémentaires ne sont demandés que lorsqu’ils sont nécessaires pour établir le diagnostic, et ils doivent être conformes aux données acquises de la science au regard des recommandations de la Haute Autorité de santé ou des sociétés savantes. Les deux décrets, pris pour la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026, valent pour les procédures dont le certificat médical initial est établi à partir du 30 septembre 2026. Le reste du tableau est inchangé.
Six métiers, lus ligne par ligne
L’INRS relève que ces affections touchent toutes les professions, avec une prédominance dans l’agroalimentaire, l’industrie automobile, le BTP, le textile et la grande distribution. Les cas qui suivent sont des exemples construits ; la caisse, elle, instruit sur le poste réel et sur le diagnostic posé par le médecin.
Une caissière. Prenons une caissière de supermarché, six heures par jour au tapis : elle saisit chaque article, le fait pivoter devant le lecteur, le pousse vers le bac. Ses gestes renvoient à la partie C : tendinite (7 jours) pour les mouvements répétés des tendons de la main et des doigts, canal carpien (30 jours) pour la préhension répétée. Tant qu’elle tient sa caisse, aucun délai ne court : il part de la fin de l’exposition.
Un maçon. Prenons un maçon qui monte un mur de parpaings, les dernières rangées bras levés. S’il passe quarante minutes le matin et autant l’après-midi les bras à 90° ou plus, sans appui, il cumule 1 h 20 par jour, au-dessus de l’heure exigée pour la tendinopathie chronique de la coiffe, à condition d’y avoir été exposé six mois ; à 60°, il lui faudrait deux heures. La prise répétée de la truelle et des blocs renvoie au coude (muscles épicondyliens, 14 jours).
Une aide à domicile. Prenons une aide à domicile qui enchaîne trois interventions dans la journée : sols lavés à genoux dans des salles de bains étroites, linge rangé dans des placards hauts. Le travail à genoux renvoie à l’hygroma du genou, les placards à l’épaule, dont la durée se compte en cumulé : les minutes passées bras levés au premier domicile s’ajoutent à celles du troisième.
Un carreleur. Prenons un carreleur qui pose un sol, à genoux pour encoller et poser, assis sur les talons pour jointoyer : la partie D le vise deux fois, pour l’hygroma du genou et pour la compression du nerf sciatique poplité externe. S’il passe à un poste de métreur et qu’un hygroma aigu est constaté trois semaines après son dernier chantier de pose, le délai de 7 jours est dépassé ; pour une forme chronique, ces 21 jours restent dans les 90.
Une ouvrière de l’agroalimentaire. Prenons une ouvrière de découpe de volailles : couteau en main, elle tranche, tire et retourne les pièces au rythme de la ligne. Les flexions du poignet et les rotations de l’avant-bras renvoient au coude (muscles épitrochléens, 14 jours), la main qui serre le manche au poignet (tendinite, 7 jours ; canal carpien, 30 jours) : chaque affection se lit sur sa propre ligne, avec son propre délai.
Un préparateur de commandes. Prenons un préparateur en entrepôt qui prélève des colis du sol jusqu’au-dessus de sa tête et monte sur un escabeau, chargé, pour les niveaux hauts. Les prélèvements bras levés relèvent de la partie A si les seuils d’angle et de durée sont atteints, les montées et descentes d’escabeau en charge de la tendinopathie quadricipitale (14 jours). Prélever à hauteur de taille, de plain-pied, ne relève d’aucune de ces deux lignes.
De la consultation à la décision de la caisse
La démarche part du salarié, puis suit le calendrier du Code de la sécurité sociale.
- Le médecin consulté établit le certificat médical initial (formulaire S6909), qui signale le lien possible entre la maladie et le travail. Le salarié conserve le troisième volet.
- Il adresse à sa caisse d’assurance maladie la déclaration de maladie professionnelle (formulaire S6100b), avec les deux premiers volets du certificat. Le Code parle de quinze jours après la cessation du travail (article R. 461-5), mais fait partir la prescription des droits du certificat qui informe la victime du lien possible avec son travail (article L. 461-1) : l’Assurance Maladie indique deux ans pour déclarer à partir de ce certificat, ou de la cessation d’activité si elle est postérieure.
- La caisse adresse un double de la déclaration à l’employeur et au médecin du travail.
- Salarié et employeur reçoivent chacun un questionnaire, à retourner dans les trente jours francs, avec la date d’expiration du délai de la caisse. Le questionnaire peut être rempli en ligne.
- La caisse peut mener une enquête complémentaire et interroger tout employeur ainsi que tout médecin du travail de la victime, ce qui compte quand l’exposition s’est déroulée dans plusieurs entreprises.
- Au plus tard cent jours francs après la réception du dossier complet, celui-ci est mis à disposition, à des dates annoncées dix jours francs avant : dix jours francs pour le consulter et formuler des observations, puis consultation seule.
- La caisse statue dans les cent vingt jours francs qui suivent la date à laquelle elle dispose de la déclaration et du certificat médical initial, ou saisit dans ce délai le comité régional.
Une condition manque : le comité régional
Quand une case reste vide, l’article L. 461-1 confie la décision à un comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles, dont l’avis motivé s’impose à la caisse.
- La maladie figure au tableau, mais le délai de prise en charge, la durée d’exposition ou la liste des travaux n’est pas respecté : elle peut être reconnue s’il est établi qu’elle est directement causée par le travail habituel. Le texte ne pose alors aucun taux d’incapacité minimal.
- La maladie ne figure dans aucun tableau : elle doit être essentiellement et directement causée par le travail habituel, et entraîner le décès ou une incapacité permanente d’au moins 25 %.
La saisine du comité ouvre une nouvelle instruction de 120 jours. Le salarié et l’employeur disposent d’un premier délai de 30 jours pour consulter et compléter le dossier, puis de 10 jours pour formuler de simples observations. Le comité rend son avis dans les cent dix jours francs de sa saisine, et la caisse notifie aussitôt une décision conforme à cet avis.
Contester un refus ou un taux
Un refus se conteste d’abord devant la commission de recours amiable de la caisse, dans les deux mois qui suivent sa notification. Ce délai ne vaut que si la notification le mentionne, avec les voies de recours. Sans décision de la commission deux mois après la réception de la réclamation, la demande peut être considérée comme rejetée.
Vient ensuite le tribunal judiciaire (pôle social) du domicile, saisi dans un délai de deux mois. Quand le litige porte sur une maladie examinée par un comité régional, le tribunal doit recueillir au préalable l’avis d’un autre comité, celui d’une des régions les plus proches.
Le taux d’incapacité permanente suit une autre voie : sa contestation, d’ordre médical (article L. 142-1), passe d’abord par une commission médicale de recours amiable.
Indemnités journalières, capital, rente
Tant que la caisse n’a pas reconnu le caractère professionnel, les indemnités journalières sont versées au titre de l’assurance maladie ; ensuite, l’indemnité est égale à 60 % du salaire journalier de base pendant les 28 premiers jours, puis à 80 %. Les soins liés à la maladie sont pris en charge à 100 %, dans la limite des tarifs de l’Assurance Maladie.
Le salaire journalier retenu est plafonné, jusqu’ici à 0,834 % du plafond annuel de la sécurité sociale : 400,82 euros par jour sur le plafond 2026 de 48 060 euros, d’où des indemnités d’au plus 240,49 euros, puis 320,66 euros. Le décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026 abaisse cette limite à 0,226 %, l’équivalent de 1,8 SMIC selon sa notice, pour les maladies professionnelles survenues à compter du 1er novembre 2026. Sur le même plafond, le salaire journalier pris en compte ne dépasse plus 108,62 euros, et l’indemnité 65,17 euros, puis 86,89 euros.
Reste à dater la maladie. Pour une maladie professionnelle, le Code assimile à la date de l’accident celle de la première constatation médicale. Lue avec cette règle, une maladie constatée en octobre 2026 relève encore de l’ancien plafond, même déclarée en décembre. Une autre limite viendra : pour les sinistres survenus à compter du 1er janvier 2027, l’indemnité journalière ne pourra être servie que pendant quatre ans, délai qui repart après une reprise du travail d’au moins un an.
Quand l’état de santé est stabilisé, le médecin-conseil de la caisse propose un taux d’incapacité permanente, en tenant compte d’un barème indicatif. En dessous de 10 %, l’incapacité donne droit à une indemnité en capital ; à partir de 10 %, à une rente égale au salaire annuel multiplié par le taux, réduit de moitié jusqu’à 50 % et augmenté de moitié au-delà. À 20 % d’incapacité, la rente vaut 10 % du salaire annuel ; à 60 %, 40 % (25 points pour les 50 premiers, 15 pour les 10 suivants).
Pour les victimes dont l’état est consolidé à compter du 1er novembre 2026, l’article 90 de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2025 change cette architecture : la caisse fixera deux taux, l’un d’incapacité permanente professionnelle, l’autre d’incapacité fonctionnelle, et la rente restera due à partir de 10 % d’incapacité professionnelle, selon le décret n° 2026-354.
Cette rente comprendra une part professionnelle, calculée selon la même règle de moitié sur le taux professionnel, et une part fonctionnelle, qui compense le déficit fonctionnel permanent : un nombre de points d’incapacité multiplié par 50 % d’une valeur de point qui dépend du taux et de l’âge de la victime. En dessous de 10 %, l’indemnité en capital réunira elle aussi une part professionnelle, forfaitaire, et une part fonctionnelle.
Reprendre le travail, ou ne plus pouvoir
Pendant un arrêt de plus de trente jours, une visite de préreprise permet au médecin du travail de recommander des aménagements et adaptations du poste, un reclassement ou des formations. Après une absence pour maladie professionnelle, quelle qu’en soit la durée, un examen de reprise a lieu le jour de la reprise effective, ou au plus tard dans les huit jours, sauf dispense prévue par le même article.
Le médecin du travail y vérifie la compatibilité du poste avec l’état de santé et peut émettre un avis d’inaptitude. En cas d’inaptitude, l’employeur doit proposer au salarié un autre emploi approprié à ses capacités, en tenant compte des conclusions écrites du médecin du travail ; un mois après l’examen de reprise, si le salarié n’est ni reclassé ni licencié, l’employeur lui verse de nouveau son salaire.
L’employeur ne peut rompre le contrat qu’en justifiant de l’impossibilité de proposer un tel emploi, d’un refus du salarié ou d’une mention expresse de l’avis médical jugeant tout maintien dans l’emploi gravement préjudiciable à sa santé ou tout reclassement impossible. Le licenciement ouvre alors droit à une indemnité compensatrice égale à l’indemnité de préavis et à une indemnité spéciale égale au double de l’indemnité légale, sauf refus abusif du reclassement proposé. Entre l’avis d’inaptitude et le licenciement ou le reclassement, dans la limite d’un mois, la caisse verse une indemnité temporaire d’inaptitude égale à l’indemnité journalière de l’arrêt précédent.
Un taux de 10 % ouvre un droit à la formation
Au titre de la reconversion professionnelle, la victime dont le taux atteint le seuil fixé par décret peut bénéficier d’un abondement de son compte personnel de formation, et ce seuil est de 10 % selon l’article D. 432-15. Le montant est fixé à 7 500 euros par l’article R. 432-9-3, utilisable en plusieurs fois et réévalué selon les règles du compte personnel de formation.
La demande se fait avec la dernière notification de taux, dans les deux ans qui suivent cette notification. Elle est réputée remplir les conditions lorsque la victime a été accompagnée au préalable par un opérateur du conseil en évolution professionnelle, chargé de l’informer, de l’orienter et de l’aider à formaliser son projet.
À partir du 1er novembre 2026, le seuil de 10 % de l’abondement comme celui des 25 % des maladies hors tableau porteront sur le taux d’incapacité permanente professionnelle.
Le tableau 57 et le compte professionnel de prévention sont deux dispositifs indépendants : une reconnaissance au titre du tableau ne dépend d’aucun point, et les gestes répétitifs ont leur propre facteur dans le compte, présenté dans la rubrique Gestes, charges et postures. Les autres issues quand le corps ne suit plus, formation comprise, sont réunies dans Quand le corps dit stop.
Questions fréquentes
Ma tendinite de l’épaule a été constatée trois mois après mon changement de poste : est-ce trop tard ?
Pour une tendinopathie aiguë de la coiffe des rotateurs, le délai de 30 jours est dépassé ; la maladie peut encore être reconnue par le comité régional, s’il est établi qu’elle est directement causée par le travail habituel. Si le diagnostic retenu est une tendinopathie chronique, le délai est de six mois, sous réserve de six mois d’exposition : trois mois restent dans les limites.
Mon certificat médical initial date du 15 septembre 2026 : l’IRM est-elle encore exigée ?
Oui, pour la tendinopathie chronique de l’épaule. Les décrets du 24 septembre ne visent que les certificats établis à partir du 30 : un certificat du 15 relève de la version précédente du tableau, qui désignait l’IRM pour cette maladie.
Mon taux d’incapacité est de 8 % : ai-je droit à l’abondement du compte formation ?
À 8 %, le seuil de 10 % n’est pas atteint : l’abondement n’est pas ouvert, et l’incapacité donne droit à une indemnité en capital. Si un nouveau taux vous est notifié plus tard, c’est cette dernière notification qui accompagne une demande d’abondement.
Reconnue en septembre 2026, ma maladie n’est pas encore consolidée : quel calcul de l’incapacité ?
La réforme vise les victimes dont l’état est consolidé à compter du 1er novembre 2026 : seule compte la date de consolidation. Consolidé en décembre 2026, votre état donnera lieu à deux taux, professionnel et fonctionnel ; consolidé en octobre, à l’ancien calcul.
Je suis fonctionnaire : le tableau 57 me concerne-t-il ?
Oui. L’article L. 822-20 du Code général de la fonction publique présume imputable au service toute maladie désignée par les tableaux du Code de la sécurité sociale et contractée dans les conditions du tableau ; si l’une manque, la maladie est reconnue quand elle est directement causée par l’exercice des fonctions. Le fonctionnaire est placé en congé pour invalidité temporaire imputable au service et conserve l’intégralité de son traitement jusqu’à sa reprise ou sa retraite.
Je suis salarié agricole : est-ce le même tableau ?
Non. Le régime agricole a son propre texte, le tableau 39, qui porte le même intitulé et couvre les mêmes articulations ; ses délais et ses listes de travaux se lisent dans ce tableau-là.
Écrit par
Stéphane s’est mis à lire les tableaux de maladies professionnelles le jour où un ami cariste a vu sa demande de reconnaissance refusée faute du bon délai. Depuis, il s’intéresse aux métiers qu’on voit peu, ceux qui commencent avant l’aube ou finissent après minuit, dans les fournils, les entrepôts, les chantiers et les services hospitaliers.
Il écrit les fiches métier du site et les pages destinées aux employeurs sur leurs obligations de prévention, en s’appuyant sur les textes et les référentiels de branche.
Votre travail vous use ?
Répondez à quelques questions sur votre poste et vos expositions. Vous verrez ce qui peut réduire votre pénibilité et, si vous le souhaitez, un conseiller vous rappelle.